420people - phrasing the pain

Phrasing the Pain – Ann van den Broek and 420people

As I was writing in Pongo Land, I went to see the last work of the 420people dance company, a work they made in cooperation with the famous Belgian choreographer Ann Van den Broek, in Divadlo Archa.

Comme je l’écrivais dans Pongo Land, je suis allé voir la dernière œuvre de la troupe 420people, une œuvre en coopération avec la célèbre chorégraphe Belge Ann Van den Broek, au théatre Archa.

Dance in Transit

I had been warned beforehand that the piece could be a challenge, for the audience as well as for the performers, because of the subject it dealt with: the pain of losing somebody. To quote the choreographer:

“The subject matter is pain. But there are a lot of kinds of pain and I have dealt with different kinds in my previous pieces. But this particular pain is the pain of losing somebody. It can be through death but it can also be through a mental process, someone may be drifting away from you and you feel you’re losing contact, physical or spiritual. It is the pain of losing and also the process of trying to fix it and the frustration and the anger around it (…)” – Ann Van den Broek, on Phrasing the Pain.

On m’avait prévenu que l’œuvre pouvait être un défi, pour le public comme pour les danseurs, en raison du sujet traité: la douleur de la perte de quelqu’un. Pour reprendre les mots de la chorégraphe:

“Le thème est la douleur. Mais il y a plein de types de douleur et j’ai traité de divers types dans mes œuvres précédentes. Mais cette douleur particulière est la douleur de la perte d’un être cher. Cela peut être à travers la mort mais aussi à travers un processus mental, quelqu’un qui part à la dérive et vous sentez que vous perdez le contact, physiquement ou spirituellement. C’est la douleur de la perte et aussi le processus de la tentative d’y remédier et la frustration et la colère tout autour (…)” – Ann Van den Broek, à propos de Phrasing the Pain.

Ann van den Broek and 420PEOPLE - Phrasing the pain

I was used to something more joyful from 420people, something where all the energy of the performance was put into something positive. Even for Mirage, with its double message, the dance itself felt joyful and energetic. Here, however, no jokes, no somersaults. The music was simple, organic, repetitive like a heartbeat that would get louder and louder in your ears, but at the same time slowly fade away from your brain. And one could see on the dancers’ face at the end of the representation, the strain that the piece put on them.

Sylva Nečasová

Sylva Nečasová

 

Les 420people m’avaient habitué à plus joyeux, quelque chose où toute l’énergie de la performance passait dans quelque chose de positif. Même pour Mirage, avec son double mesage, la danse en elle-même était énergique et entraînante. Ici, en revanche, pas de blagues, pas de pirouettes. La musique était simple, organique, répétitive comme un battement de cœur qui cogne de plus en plus fort dans vos oreilles, mais en même temps disparaît lentement de votre esprit. Et on pouvait voir sur le visage des danseurs à la fin de la représentation, à quel point l’œuvre les a éprouvés.

Saša Volný

Saša Volný

 

Yes, this piece is about loss. A loss that spans over time, as a loved one slowly fades away. But if you ever lost somebody close to you, you may relate.

Oui, cette pièce est à propos de la perte. Une perte qui s’écoule dans le temps, alors qu’un être cher disparaît peu à peu. Mais si vous avez jamais perdu un proche, vous pouvez vous y retrouver.

Ombline Noyer

Ombline Noyer

 

In Phrasing the pain, the dancers are pushed to their limits. They have to let themselves be submerged by their emotions. By the pain, the anger, the sadness. But at the same time, they have to keep it boiling inside of them, not letting it out.

Dans Phrasing the pain, les danseurs sont poussés à leurs limites. Ils doivent se laisser submerger par leurs émotions. Par la douleur, la colère, la tristesse. Mais en même temps, ils doivent les laisser bouillir à l’intérieur, sans les laisser sortir.

Q & A Dance in Transit

Q & A Dance in Transit

 

During the Q&A session, one woman made a remark, more or less saying “I lost my mom to cancer, this is not how the pain of loss works”. To which I respectfully disagree. Just because she didn’t deal with the pain of loss this way doesn’t mean it’s not how it works.

Cecilia Moisio

Cecilia Moisio – Ann’s Assistant Choreographer

 

Pendant la session de Questions/Réponses, une dame a fait une remarque, disant plus ou moins “J’ai perdu ma mère, d’un cancer, c’est pas ça la douleur de la perte d’un être cher”. Ce à quoi je me permets de ne pas être d’accord. Juste parce qu’elle n’y a pas fait face ainsi ne veut pas dire que c’est pas comme ça que ça marche.

Václav Kuneš

Václav Kuneš

Personally, I could relate. We have plenty of expressions that tell us that society doesn’t grant us any time to grief. “The show must go on”, “Life doesn’t stop for anybody”, “Business as usual”, etc… Last I checked, if you lose a family member, Czech law grants you two days of compulsory holiday. One for the death, one for the funeral. Arrangements have to be made in a matter of days because you can’t crowd the morgue. The funeral home also wants you to quickly pick the urn or coffin, because hey, it’s Friday and they’re closing in 10. After two days, society expects you to be back to work, back on your feet, as if nothing happened.

Personellement, ça m’a parlé. On a plein d’expression pour nous dire que la société ne nous laisse pas le temps de faire notre deuil. “Show must go on”, “La Terre ne va pas s’arrêter de tourner”, “Business as usual”, etc… La dernière fois que j’ai regardé, pour la perte d’un membre de votre famille, la loi tchèque vous donne deux jours de congé. Un pour la mort, un pour les funérailles. Les arrangements doivent être faits en quelques jours parce qu’il ne faut pas encombrer la morgue. Les pompes funèbres veulent aussi que vous ne traîniez pas dans le choix de l’urne ou du cercueil, parce que c’est pas le tout, mais c’est Vendredi, on ferme dans 10 minutes. Au bout de deux jours, la société s’attend à vous voir retourner au boulot, remis, comme si de rien n’était.

Nataša Novotná

Nataša Novotná

 

What about the pain? The grief? The sadness? You have to bottle them up, let them churn and simmer and boil inside you, put a smile on your face, and only once the day is over and you are left alone in your flat can you let it all out, when nobody’s looking.

Quid de la douleur? De la peine? De la tristesse? Faut les garder enfermés, les laisser s’agiter, mijoter et bouillir en vous, mettre un sourire forcé sur votre visage, et seulement une fois la journée terminée, seul-e dans votre appartement, vous pouvez vous lâcher, quand plus personne ne vous regarde.

Štěpán Pechar

Štěpán Pechar

 

When people ask you “how are you?”, they’re just being polite. Nobody expects you to answer anything other than “I’m fine”.

Quand les gens vous demandent “comment ça va?”, ils sont juste polis. Personne ne s’attend à ce que vous répondiez autrement que “ça va”.

Sylva Nečasová

Sylva Nečasová

 

Phrasing the pain reminded me of all that. One hour to remind me that in our darkest moments, we are not allowed to let the pain come out, we are obligated to let it consume us until all that’s left is an empty, battered shell.

Ombline Noyer

Ombline Noyer

 

Phrasing the pain m’a rappelé tout ça. Une heure pour me rappeler que dans nos moments les plus sombres, on n’a pas le droit de laisser sortir la douleur, il faut la laisser nous ronger jusqu’à ce qu’il ne reste plus de nous qu’une vieille coquille cabossée.

Milan Odstrčil

Milan Odstrčil

 

They’re performing again on Saturday April 11th in Divadlo Archa. Go.

Ils rejouent demain Samedi 11 Avril au théatre Archa. Foncez.

Divadlo Archa

3 thoughts on “Phrasing the Pain – Ann van den Broek and 420people

  1. J’aime bien cet univers blanc/gris/noir. Et les visages des danseurs sont spectaculaires. La photo de Saša Volný, superbe !
    Et sinon, je ne crois pas qu’il y ait UNE façon de dépeindre cette douleur. Si ça ne cause pas à cette dame, ça cause à d’autres, normal. C’est tout de même l’oeuvre d’une chorégraphe, je suppose que ça ne prétend pas plaire à tous.
    Quel ennui sinon !

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