Photo-Therapy: Proust’s madeleine

This month is going to be tough in terms of Photo Projects. Or boring for you. Not sure. I cut down on my photo projects to avoid theme redundancy (which occurred quite a bit when I was doing two weekly and three monthly projects at the same time). Feb 1st, I discover that Marie’s Photo-therapy theme for the month is “Quelle est votre madeleine de Proust?” (What’s your Proust’s madeleine, in reference to Prousts “madeleine episode” in In Search of Lost Time where dipping a madeleine in tea triggers involutary memory in the author). Feb 15th, I discover that the march theme for the Pic of the Month will be… *drumrolls* “Quelle est votre madeleine de Proust?”

Ce mois-ci ça va être chaud niveau projets photo. Ou ennuyeux pour vous. Je sais pas. J’ai fait le choix de réduire mes projets photo pour éviter la redondance de thèmes (qui s’est produite une paire de fois quand j’avais deux projets hebdo et trois mensuels en simultané). Premier février, je découvre que le thème Photo-thérapie ce mois-ci, chez Marie, est “Quelle est votre madeleine de Proust?”. Le 15 février, je découvre que le thème de Mars sera… *roulement de tambours* “Quelle est votre madeleine de Proust?”

not-sure-if

Anyways, on to today’s topic at hand. Triggered Involutary Memories. If you remember properly, in last month’s I’m a masterpiece, I told you I was a musician. A pianist, to be more precise.

Enfin bon. Revenons-en à nos moutons. Mémoire involontaire déclenchée par stimuli extérieurs. Si vous avez bonne mémoire, dans mon billet Je suis un chef d’œuvre du mois dernier, je vous avais dit être musicien. Un pianiste pour être plus précis.

Photo-thérapie: Quelle est votre madeleine de Proust?

Photo-thérapie: Quelle est votre madeleine de Proust? (1/25s, ƒ/1.8, ISO 100, 50 mm)

Music helped me get through the worst part of my teenage years. We all had our crosses to bear, and our own ways of coping with things. Mine was the piano. This was the only way I found to let out any negative feeling I had. In a decade of practice, I learned how to express sadness, anger, melancholy, loneliness, just by running my fingers through the keys. To this day, I think I’ve never played better than when I had that kind of negativity dwelling inside me.

La musique m’a aidée à traverser les pires moments de ma vie d’adolescent. On a tous eu nos croix à porter, et notre façon de faire face. La mienne passait par le piano. C’était la seule manière que j’avais trouvée pour évacuer mes pensées négatives. En une décennie, j’ai appris à exprimer tristesse, colère, mélancolie, solitude, juste en laissant courir mes doigts sur le clavier. À ce jour, je ne pense pas avoir mieux joué que quand j’avais cette négativité au fond de moi.

Project 52 2012 #36: Self-serve piano, Gate 72, Terminal 2D, CDG Airport

There are a few pieces that I know so much that even years after having played for the last time, I can lay my hands down on a keyboard, and the hands remember how to play.

Il y a des morceaux que je connais si bien que même après des années sans avoir joué, je peux poser mes mains sur le clavier, les mains se souviennent de comment jouer.

Run, silly little hands, run!

When I go out somewhere and see a piano in a public place, I am always reminded of one of the last concerts I played for. A bit of the worst and the best that could ever happen in a concert, all at the same time. I was still a student, and invited to play by my old piano teacher, at a charity concert for Amnesty International. I was supposed to play the third movement of the Beethoven Sonata n°8 Op 13, the “Pathetique”.

Quand je vais quelque part et que je vois un piano dans un lieu public, ça me rappelle toujours un des derniers concerts où j’ai joué. Un peu du pire et du meilleur qui peut arriver, tout en même temps. J’étais encore étudiant, et invité à jouer par mon ancienne prof de piano, un concert au profit d’Amnesty International. Je devais jouer le troisième mouvement de la Sonate n°8 Op 13 de Beethoven, la “Pathétique”.

And oh boy, was I ever pathetic. It was supposed to be a walk in the park. I knew it very well. No need for the sheets. Rehearsal went well. But when the time came, stage fright also showed up. After a minute or so, I blanked out. Completely. I baffled some kind of mumbled apology, under the horrified stare of my piano teacher. Then after the couple of seconds that my brain took to reboot, on the verge of running backstage my tail between my legs, even if there was no backstage and walking back to my seat would be tantamount to a convict’s walk of shame, I gave it another go. My mind shut down. The outside world faded out. My hands ran on the keyboard. I’m not exactly sure what happened in the next four minutes. When my hands stopped playing, I heard the applause. After the concert my teacher came to me and said: “What the hell happened out there? At first, you’ve never played that piece so badly. And then you’ve never played it so well!”. From the moment in our life that we learn how to walk, we fall. So one of the first things we learn is to pick ourselves up, and carry on.

Et mazette, pathétique, je le fus. Ça aurait dû passer comme une lettre à la poste. Je connaissais très bien ma partie. Même pas besoin des partitions. La répét s’est déroulée sans heurts. Mais le moment venu, le trac s’est aussi pointé. Après environ une minute, blanc. Gros plantage. J’ai bafouillé un genre d’excuses bredouillantes, sous le regard horrifié de ma prof de piano. Puis après les quelques secondes que mon cerveau a pris pour redémarrer, à deux doigts de m’enfuir en coulisses la queue entre les jambes, même s’il n’y avait pas de coulisses et que du coup retourner m’assoir à ma place serait l’équivalent de la Marche de la Honte du condamné, j’ai décidé de le retenter. Mon esprit s’est éteint. Le monde extérieur a disparu. Mes mains couraient sur le clavier. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé pendant les 4 minutes qui ont suivi. Mais quand mes mains ont arrêté de jouer, j’ai entendu des applaudissements. Après le concert ma prof est venue me voir et m’a dit “Bon sang mais qu’est-ce que tu nous a fait là? Au début, tu ne l’as jamais aussi mal joué. Et après, tu ne l’as jamais aussi bien joué!”. Dès nos premiers pas dans la vie, on se casse la gueule. Du coup une des premières choses qu’on apprend dans la vie c’est à se relever, et continuer.

Carry On

21 thoughts on “Photo-Therapy: Proust’s madeleine

  1. Très bel article, j’ai beaucoup aimé la dernière anecdote, elle est si représentative du fait de ne pas abandonner de ne pas s’arrêter aux échecs, mais d’au contraire, avancer…
    Etrangement, par contre, autant l’écriture m’a fait la même chose que toi avec le piano quand j’étais jeune, une espèce de catarsis mais aussi, de catalyseur quend plus rien nallait. Autant je trouve que c’est aujourd’hui que j’écris le mieux, avec ma joie de vivre. J’ai toujours pensé que c’était avec un esprit torturé qu’on pouvait produire les plus beaux che-d’oeuvre, mais je me suis trompée. Je crois que dans la joie de vivre, on peut puiser une plus grande force créative encore…. Enfin peut-être que ça dépend des personnes, je ne sais………..
    Merci pour ce beau partage❤

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    • je n’ai jamais dit que c’est avec un esprit qu'”on” produit les plus beaux chefs d’œuvre, je parlais de mon cas en particulier (et je ne qualifierai pas ma musique de chef d’œuvre, je ne suis pas compositeur :p ). On va dire qu’avec la joie de vivre, mon énergie est dépensée autrement😉

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  2. Je ressens le stress rien qu’à lire la situation ! J’ai toujours détesté jouer en public à cause de ce fichu trac… il n’y a qu’une seule fois où j’ai connu un état de grâce comme celui que tu évoques. Avec la musique de chambre c’est plus facile, l’attention du public est répartie sur plusieurs musiciens… et du coup le stress aussi🙂
    PS : “Revenons-en à nous moutons.” Je proteste😛

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  3. J’ai pensé à toi quand ils en ont installé un à la gare du Nord à Bruxelles il y a quelques semaines. C’est dans un grand hall super bruyant et avec les annonces permanentes par haut-parleur, donc on n’entend que quelques notes par-ci par-là, noyées dans un grand brouhaha. L’idée n’était pas mauvaise mais la réalisation laisse à désirer !

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    • C’est clair qu’il faut prendre le temps d’en jouer… Sinon, ça décore, tout simplement, et c’est un peu dommage… Enfin avec le jardinage et les chiens, ça doit prendre déjà du temps😉

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  4. J’aime beaucoup ton article, où plusieurs sujets sont abordés.
    Celui d’abord du hasard ou de la synchronicité pour les mathématiciens. En ce qui me concerne, je crois au hasard et il m’interpelle, me fait sourire, ou bien me dit : tient …..tient …..🙂
    Alors les hasards des choix des thèmes etc…. je pense que malgré tout, cela permet en tant que photographe de se renouveler, même si perso, je suis on ne peut plus néophyte.

    Quant à la résilience vis à vis des coups durs, je ne suis pas musicienne, mais j’adore la musique classique. Ce que tu écris m’a bien fait sourire et je comprends, car le trac brrrr en étant toute jeune et en suivant mes cours de diction à Bruxelles. Il y a longtemps. J’ai dansé et chanté seule sur scène, mais je m’amusais.
    Sinon pour la résilience plus personnelle de faits de jeunesse, c’est si individuels. Question de caractère, d’aller surtout de l’avant, d’essayer de trouver une solution et d’y arriver, j’avais 13 ans. Une belle victoire.
    Après la vie se charge de pas mal d’écueils et là c’est le travail qui m’a aidée à rester debout. Pas la famille, ni personne, le travail.
    Merci pour ce bel article et cette très belle conclusion qui m’a émue….

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  5. Très émouvant comme récit…Le piano…un instrument que j’aurais bien aimer savoir jouer…j’aime l’impression de délicatesse qui se dégage des notes pianotées…mais je n’ai pas la patience…pour aucun autre instrument d’ailleurs!mdr

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