Ghosts from the past / Fantômes du passé

When I were a lad, I skipped one grade. I could already read before first grade, and my taste for reading helped give me a head start in French classes. Fond of riddles, games, numbers, and anything related to it, Mathematics looked more like a game than a chore to me. The fact that I’m a math teacher’s son has nothing to do with it, by the way, nobody ever helped me for my homework. So I ended up skipping half of 3rd grade and half of 4th grade. By the beginning of 5th grade, I started to wear glasses. I started Middle School when I was barely 10, instead of 11, or 11 and a half.

Quand j’étais minot, j’ai sauté une classe. Je savais lire avant le CP, et mon goût pour la lecture m’a donné de l’avance sur les cours de français. Gourmand d’énigmes, jeux, nombres, et tout ce qui s’y rapporte, les maths étaient pour moi plus un jeu qu’une corvée. Être fils de prof de maths, soit dit en passant, n’a rien à voir, personne ne m’a jamais aidé à faire mes devoirs. Je me suis donc trouvé à sauter la moitié du CE2 et la moitié du CM1. Au début du CM2, je me suis mis à porter des lunettes. J’ai commencé le collège à à peine 10 ans, au lieu de 11, 11 et demi.

Additionally, I’ve always been on the lower limit of the growth graphs for my age. Statistically speaking, 80% of the French male population has *always* been taller than me. So, at ease with pretty much all subjects in school, four-eyed, 15cm smaller than most of my classmates, and teacher’s son, I’ll let you guess what was bound to happen.

De plus, j’ai toujours été en bas de la courbe de croissance pour mon âge. Statistiquement parlant, 80% de la population mâle française a *toujours* été plus grande que moi. Donc, à l’aise dans presque toutes les matières, binoclard, plus court de 15cm que la plupart de mes camarades, et fils de prof, je vous laisse deviner ce qui m’attendait.

Yup, I was bullied. It lasted for approximately two years, not the best time of my life. No need to shed a tear there, that’s not the point, I survived and got it over with. The bullying actually ended by itself when I finally found the strength to stand up against my bully. I’ll always remember his asymetrical face, the scar on his upper lip, the roughly chiseled features of his face…

Ouaip, j’ai été victime de brimades. Ça a duré environ deux ans, pas les meilleures années de ma vie. Pas la peine de verser une larme, c’est pas le but, j’ai survécu et je suis passé à autre chose. Les brimades se sont en fait arrêtées d’elles-mêmes quand j’ai finalement trouvé la force d’arrêter de me laisser faire par mon tortionnaire. Je me souviendrai toujours de son visage asymétrique, de la cicatrice sur sa lèvre supérieure, des traits de son visage taillés au burin…

I was going home one evening, taking the bus as usual, and I noticed one guy sitting in the back of the bus. I immediately recognized him. Nothing had changed about him. What a coincidence that I would find my bully in a bus, probably going home as well, out from the same area as I was, and living obviously not too far from me. He was wearing a suit, and had a small briefcase from *the* most famous French Business and Management school. He didn’t seem to either notice or recognize me. Unlike him, I probably changed a bit, in 16 years of time.

Je rentrais chez moi un soir, prenant le bus comme d’habitude, quand je remarquai un gars assis vers le fond du bus. Je l’ai immédiatement reconnu. Il n’avait pas changé. Quelle coincidence de trouver mon tortionnaire dans un bus, probablement rentrant chez lui aussi, sortant du même quartier que moi, et n’habitant visiblement pas très loin de chez moi. Il était en costard, et avait une petite sacoche d’HEC. Il n’eut l’air ni de me remarquer ni de me reconnaître. Contrairement à lui, j’ai un peu changé, en 16 ans.

And that got me thinking. Did he remember me? Did he ever come to regret all the things he did? I guess I’ll never know. I didn’t try to go and talk to him. What would be the point? “Hey, it’s me, the guy you bullied in Middle School, remember?” No point, I guess. But that got me thinking. We went our separate ways 16 years ago (read: he finally left me alone 16 years ago). Since then I moved away from my hometown, spent a few years in Rouen, in Bordeaux, started working in Paris, spent two years in Canada, and now, back in Paris, I happen to be on the same bus ride as someone I was dreading more than a decade ago.

Et ça m’a fait réfléchir. Se souvenait-il de moi? A t-il un jour regretté ses actes? J’imagine que je ne le saurai jamais. Je n’ai pas cherché à aller lui parler. Pour quoi faire, de toute façon? “Hé, c’est moi, le gars que tu brimais au collège, tu te souviens?” Pas la peine, j’imagine. Mais ça m’a fait réfléchir. Nos chemins se sont séparés il y a 16 ans (comprendre: il m’a enfin laché la grappe il y a 16 ans). Depuis j’ai quitté le nid familial, passé quelques années à Rouen, à Bordeaux, ai commencé à travailler à Paris, ai passé deux ans au Canada, et maintenant, de retour à Paris, je me retrouve dans le même bus qu’un gars qui me terrifiait il y a plus d’une décennie.

I’d like to believe that being on the sharp end of the bullying stick taught me tolerance, respect, maybe a bit of humility as well. Were I to go back in time, I wouldn’t change a thing. That’s part of what made me how I am, after all. But you, which end of the bullying stick were you on? How big of an impact did it have on your life later on?

J’aimerais croire que d’être du côté pointu du bâton m’a appris la tolérance, le respect, et peut-être un peu d’humilité au passage. Si je pouvais revenir en arrière, je ne changerais rien. C’est ce qui a en partie fait de moi ce que je suis aujourd’hui, après tout. Mais vous, de quel côté du baton vous trouviez-vous? Quelle en fut l’influence sur votre vie future?

12 thoughts on “Ghosts from the past / Fantômes du passé

  1. Coucou !
    J’ai pas sauté de classe, mais dès la 6ème, j’avais l’étiquette “La tronche” au dessus de la tête. J’ai commencé avec 18 de moyenne, pas bon pour sympathiser ça…
    Cette foutue réputation m’a suivie tout le collège, et c’est pas facile.

    Et bizarremment, la mode quand j’étais au collège, c’était de déformer les noms de famille… J’ai plus souffert de ça qu’autre chose, c’est fou l’imagination qu’on a quand on est gamin !

    J’ai un jour retrouvé un garçon qui s’amusait àme taquiner avec mon nom, et finalement on s’entend très bien aujourd’hui, si j’exclus une découverte récente à son sujet.

    Tu peux être fier de ce que tu es devenu, t’es vraiment un exemple à suivre ! Gros bisous🙂

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  2. J’ai fait les deux. Enfin, pendant des années on s’est moqué de moi (pas seulement une personne mais beaucoup) parce que j’avais des soucis de santé, parce que mes parents étaient profs (parfois même les miens!), parce que j’étais petite, parce que ci, parce que ça. Pendant des années. Mais pendant un moment, je sais que j’avais découvert que la seule façon de me “faire des amis” (et quels amis!) c’était de me moquer avec eux d’autres personnes qui avaient encore plus de soucis que moi. Je l’avoue, je l’ai fait, et j’en suis désolée. Toute ma vie je le regretterai et j’y pense souvent.

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    • Et as-tu déjà envisager de rechercher ceux à qui tu a pu causer du tort, pour leur demander pardon? Je doute qu’ils/elles t’aient oublié(e)s, et je doute tout autant qu’ils/elles t’en veuillent si tu leur demandais pardon…

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  3. J’étais le souffre douleur moi, j’en ai déjà parlé dans quelques billets anyway … Jamais ces gens ne m’ont demandé pardon ou quoi que ce soit, je doutes que ça les empêche de dormir aussi. Mais comme tu dis, ça fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui😉

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  4. I was never bullied, though in middle school there were definately kids you avoided, I was never targeted…I also don’t think I bullied anyone.

    I am not sure where that leaves me….quietly in the corner? I was a bit lippy for that, but maybe.

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  5. Non seulement je sais très bien comment contacter ces trois filles dont je me suis moquée, mais les personnes qui m’ont torturée pendant des années savent elles aussi très bien comment me contacter. Personne ne se contacte. Personne ne parle ou alors d’autres choses. Je ne sais même pas si j’ai pardonné à ces gens, ni si ces trois filles se souviennent de mes moqueries et m’ont pardonnée… Ce ne sont pas des choses qui sont assez “mures” dans mon esprit (ou peut-être trop pourries) pour que j’y pense réellement jusqu’au bout.

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