Backwards? Really? / À l’envers? Vraiment?

I read an interesting article the other day. About language differences, and an american woman saying French think “backwards”. It is true that learning a new language can open your mind. Provided you are learning it because you actually are interested in it, and not because you are forced to do it. From what I’ve seen, language has an influence on social behaviour. The lack of a polite form in english makes people behave in a more informal way, even in a work environment. Whereas in France, or Czech Republic, or even better, in Japan, you have a very clear distinction between polite and informal speech. This leads to a clearer distinction with hierarchy. One thing I noticed and that shocked me the first time I went to Montréal, was when waiters and waitresses were adressing me with “tu”, the informal way. Whereas in France I’d have been talked to the formal way, with “vous”. I think this is a direct consequence of the influence of English in Québec French in younger generations, since English doesn’t have any distinction between formal/informal. From having talked to people from Québec, I know that Québecers know perfectly well the meaning of “vous”. And some or them are sad to see the younger generations wiping it out of their vocabulary altogether.

J’ai lu un article intéressant l’autre jour. Sur les différences de language, et une femme américaine disant que les français pensent “à l’envers”. C’est vrai qu’apprendre un nouveau langage peut vous ouvrir l’esprit. À condition que vous l’appreniez parce que ça vous intéresse, et pas parce que vous êtes obligé. De ce que j’ai vu, le langage a une influence sur le comportement social. Le manque de formule de politesse en anglais fait que les gens s’expriment de manière plus informelle, même au travail. Alors qu’en France, en Allemagne, en République Tchèque, ou mieux, au Japon, on a une distinction très claire entre forme polie et informelle. Ce qui mène à une distinction plus marquée avec la hiérarchie. Un truc que j’ai remarqué et qui m’a choqué la première fois que je suis allé à Montréal, c’est quand serveurs et serveuses me tutoyaient. Alors qu’en France, on me vouvoierait, même au MacDo. Je pense que c’est une conséquence directe de l’influence de l’anglais sur le québécois chez les jeunes générations, vu que l’anglais ne fait pas la différence. Et en en ayant parlé avec des gens du Québec, je sais que les québécois savent parfaitement à quoi sert “vous”. Et certains d’entre eux sont tristes de voir les jeunes générations le rayer d’un coup de leur vocabulaire.

But back to the article.

Enfin revenons-en à notre article.

But no matter how much you learn how to speak, dress or carry yourself like the French, I don’t think it’s possible to learn how to think like them. To think backwards.

In the U.S., we grow up with an American flag flapping outside of your school. Its colors? Unless you were raised in Mississippi or South Carolina, you know it’s red, white and blue. My children call it blue, white and red. Why? Because it has the same colors as the French flag, which are blue, white and red. This really, really bothers me. This is downright un-American. I am on the verge of reporting my children to the House Committee on un-American Activities.

The French chant “Allez les Blues” at sporting events because their flag starts with blue. Otherwise, it would be allez les rouges and they’d be outright admitting that they’re all a bunch of commies. I don’t care what the flag actually looks like, hearing someone say “blue, white and red” makes me cringe. People, it doesn’t flow right!

Mais peu importe combien vous apprenez à parler, vous habiller ou vous comporter comme les français, je ne pense pas qu’il soit possible d’apprendre à penser comme eux. À penser à l’envers.

Aux US, on grandit avec un drapeau américain qui flotte en dehors de l’école. Ses couleurs? À moins d’avoir été élevé dans le Mississippi ou en Caroline du Sud, vous savez que c’est rouge, blanc, et bleu. Mes enfants l’appellent bleu, blanc et rouge. Pourquoi? Parce que c’est les mêmes couleurs que le drapeau français, qui est bleu, blanc et rouge. Ce qui me dérange vraiment, vraiment beaucoup. C’est complètement non-américain. Je suis à la limite de dénoncer mes enfants au Comité des Activités non-américaines.

Les français chantent “Allez les bleus” en sport parce que leur drapeau commence par bleu. Sinon, ça serait allez les rouges et ils admettraient ouvertement être une bande de communistes. Je m’en fous de ce à quoi ressemble le drapeau, entendre quelqu’un dire “bleu, blanc et rouge” me fait grincer des dents. Les gens, ça ne sonne pas rond!

Erm… Can someone pretty please explain me how describing the French flag by its colors from left to right, in a country that reads and writes from the left to the right, can be considered backwards? As far as I know, Americans also write from left to right. So what’s wrong with saying the French flag is blue, white and red? There isn’t even a straightforward order for the colors of the American flag. If you were describing it from left to right and from top to bottom, by order of appearance, it would be… lemme see… guess what? Blue, white, and red! Granted, no American will describe it in that order. Because the Flag Resolution of 1777 says “Resolved, That the flag of the United States be thirteen stripes, alternate red and white; that the union be thirteen stars, white in a blue field, representing a new Constellation”, people say it is red, white and blue. Personnally, I find it everything but straightforward.

Euh… Quelqu’un dans la salle peut-il s’il vous plait m’expliquer en quoi décrire le drapeau français par ses couleurs de gauche à droite, dans un pays qui lit et écrit de la gauche vers la droite, peut être considéré comme à l’envers? Autant que je sache, les américains écrivent aussi de gauche à droite. Donc c’est quoi le problème, de dire que le drapeau français est bleu, blanc et rouge? Il n’y a même pas d’ordre évident pour les couleurs du drapeau américain. Si on le décrivait de gauche à droite et de haut en bas, par ordre d’apparition, ça serait… voyons voir… devinez quoi? Bleu, blanc, et rouge! D’accord, aucun américain ne le décrirait dans cet ordre. Parce qu’une résolution de 1777 dit “Décide, que le drapeau des États-Unis sera constitué de treize bandes, alternativement rouges et blanches ; que le canton comportera treize étoiles, blanches sur un champ bleu représentant une nouvelle constellation”, les gens disent que c’est rouge, blanc, et bleu. Personnellement, je trouve que c’est tout sauf intuitif.

And then the article goes on about her kids translating word for word from French to English, resulting in sentences that sound “backwards” in English. But it works both ways. For French people, it is rather the English order of words that is backwards. I will not claim that the French way of speaking is the right one. Nor will I say it is the English one. Simply because there is no universal right way. There’s a right way for French, a right way for English, they can be different, and it’s exactly the same for all other languages. In Latin, the use of declensions made the order of words irrelevant in sentences. There was a usual way of saying things, but people could still understand any sentence written in Latin, regardless of the order of the words.

Ensuite l’article continue à propos de ses enfants traduisant en mot à mot du français à l’anglais, ce qui donne des phrases qui sonnent “à l’envers” en anglais. Mais ça marche dans les deux sens. Pour les français, c’est plutôt l’ordre des mots anglais qui est à l’envers. Je ne prétendrai pas que la façon de parler française est la bonne. Pareil pour l’anglais. Simplement parce qu’il n’y a pas de bonne façon universelle. Il y a une bonne façon pour le français, une bonne façon pour l’anglais, elles peuvent être différentes, et c’est pareil pour toutes les autres langues. En latin, l’utilisation des déclinaisons font que l’ordre des mots n’importe pas dans les phrases. Il y avait un ordre habituel pour dire les choses, mais les gens pouvaient toujours comprendre n’importe quelle phrase écrite en latin, quel que soit l’ordre des mots.

Learning a language is not just learning words, it’s also learning its structure. And it comes at the cost of accepting that your mother language doesn’t hold the universal truth, and that other languages are just as interesting as yours, if not more.

Apprendre une langue ce n’est pas juste apprendre des mots, c’est aussi apprendre leur structure. Et ça vient au prix de l’acceptance que votre langue maternelle ne détient pas la vérité universelle, et que les autres langues sont tout aussi intéressantes que la votre, si ce n’est plus.

11 thoughts on “Backwards? Really? / À l’envers? Vraiment?

  1. J’aurais presque l’impression que cette personne est “raciste”. Être offusqué pour une question de couleur de drapeau et dire que c’est non-américain… j’sais pas, je m’intérroge.

    Pour ce qui est des formules de politesses, je te suis à 100%. Quand je travaillais dans un centre de développement de photo 1h, JAAMAIS je n’aurais oser tutoyer un client à moins que ce soit un ami à moi ou une personne que je connais très bien. C’étais VOUS!

    Je pense très franchement que ce manque d’étiquette ou d’éducation vient des parents car ce n’est pas à l’école qu’on m’a appris à agir ainsi. Ma mère m’a enseigné cette règle de politesse.

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  2. Je ne suis pas d’accord avec ton analyse sur l’utilisation du “tu” au Québec. À mon avis, ce n’est pas à cause de la supposée influence de l’anglais sur les québécois, largement surestimée par les français, par ailleurs.

    Il est faut de penser qu’il n’y a pas de formule de politesse chez les américains, qu’il n’y a pas de différences entre un contexte formel et informel. Un jeune qui s’adresse à une personne âgée ne l’appellera pas par son prénom, mais “Mr Smith”, ou utilisera la formule “Sir”. Même chose avec un professeur d’université, qu’on appellera généralement “Dr qqchose”. Appeler quelqu’un par son prénom équivaut à le tutoyer. Toute autre forme de salutation est équivalente au vouvoiement. Le pronom utilisé (le fameux “you”) est peut-être le même, mais des subtilités linguistiques, peut-être difficilement perceptibles pour les français (mais pas pour les québécois), viendront ponctuer une conversation pour indiquer si on est dans le registre formel ou informel.

    Ce n’est pas une question de langue, c’est l’ensemble des rapports hiérarchiques qui sont différents entre l’Europe et l’Amérique du Nord. La frontière, le moment où l’on décide de passer du mode informel au mode formel n’est pas le même des deux côtés de l’océan. On reste beaucoup plus longtemps dans le registre informel en Amérique du Nord. Mais on y passe éventuellement au formel, là aussi.

    La règle est assez simple en Amérique du Nord. On tutoie systématiquement
    – quelqu’un qui a moins de 30 ans
    – quelqu’un dont l’âge se rapproche du nôtre ou qui est plus jeune, quelque soit le contexte de la rencontre
    – tous les collègues de travail, quel que soit leur âge
    – tous les contacts professionnels, quel que soit leur âge
    – tous les membres de notre famille étendue, quel que soit leur âge, sauf les personnes très âgées (75 ans et plus) chez qui l’usage du vouvoiement était plus courant quand ils étaient jeunes.

    D’un point de vue nord-américain (en fait, américain tout court, car d’après mon expérience en Amérique du Sud, les règles de tutoiement y sont sensiblement les mêmes qu’en Amérique du Nord) l’utilisation systématique du registre formel, tel que pratiqué en europe, paraît lourd et artificiel, même, à la limite, un peu ringard et “nerd”. Mais bon, en changeant de continent, on s’adapte!

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  3. If I understand Marc, which is questionable with my french, I think he is saying that it is not an influence of English, so much as a (universally) North American disgust with hierarchies (disgust my term)

    That was my thinking as well when I read what your post. I am not French Canadian (duh), though I was born there….and I do think there is a loathing for all things mindlessly hierarchical, that doesn’t exist in Europe, it is part of why people went there, and went through all the difficulty of travel and loss to be in the “new world” and then the way the French Canadians were treated by the Church to top it off is not conducive to respect, nor was the European attitude towards their ‘colonies’ always conducive to respect.

    That said, I also had to wince when I read the article. I can only hope that she meant it tongue in cheek…but I suspect not.

    What a sadly closed mind.

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  4. Marc, donc si je comprends bien, quand je vais dans un restaurant, et qu’on se passe de “monsieur”, et qu’on se contente de me dire “tu”, on me vouvoie quand même? Je sais tout à fait faire la différence entre un anglais formel et informel (notamment par le biais de l’utilisation des titres, genre Sir, Madam, Miss, ou des noms de familles si on les connait plutôt que le prénom). Mais quand on va dans un commerce, ou un restaurant, que le commerçant ou le serveur ne connaît pas le nom du client, l’utilisation du “tu” sans autre forme de procès, personnellement, j’appelle ça du tutoiement. Informel, donc.
    Après, c’est peut-être moi qui suis ringard et vieux-jeu venant de la vieille Europe. Je n’avais pas cette impression en parlant avec d’autres québécois. Merci pour la contribution au débat, en tout cas🙂

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  5. oreneta, you got the hang of his reasoning quite well. But the use of “vous” is not only used for hierarchical separation, but also as a mark of respect. Even if closely related, those are two different things.
    And I don’t find any explanation as to why, if I was to enter a shop in Toronto, I would be asked “Hello, sir, how can I help you?”, which I would label as the polite way to address a customer, whereas entering a shop from the same franchise in Québec, I would be asked “Bonjour, je peux t’aider?”, which I label as the familiar form.
    Nor do I find any explanation as to why I met people from Québec who knew perfectly well the difference and were still using both forms.

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  6. Non, ce que je dit, ce n’est pas que “quand je vais dans un restaurant, et qu’on se passe de “monsieur”, et qu’on se contente de me dire “tu”, on me vouvoie quand même?”.

    Ce que je dit, c’est qu’en Amérique du Nord, il y a beaucoup plus de situations où il est tout à fait acceptable, de tutoyer son interlocuteur. Je les énumérait plus haut: si l’interlocuteur a moins de 30 ans, si son âge est proche du nôtre, etc. Onerta a bien résumé ma pensée.

    Les critères qui font en sorte que l’on tutoie ou vouvoie quelqu’un sont différents selon les pays, tout simplement.

    En passant, loin de moi l’intention de t’insulter quand je disais que le vouvoiement peut faire ringard et vieux-jeu, dans certain contextes, en Amérique du Nord. Je voulais simplement souligner le fait qu’il est préférable de laisser ses propres codes à la maison et d’adopter ceux du pays visité. C’est ce que je fais lorsque je vais en France (où j’ai d’ailleurs habité), où je retourne au vouvoiement systématique.

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  7. Marc, je suis d’accord que les critères formel/informel varient en fonction des pays. Cependant, en Ontario, j’avais droit au langage formel lorsque j’allais dans un restaurant ou un commerce, et informel au travail “parce que tout le monde il est copain, et c’est comme ça”. Tandis qu’au Québec, même dans les restaurants, et dans les commerces, absence totale d’utilisation du langage formel. Les règles en vigueur seraient donc même différentes de province à province? Sachant que je me souviens avoir lu des québécois s’offusquer que des “ti-culs” les tutoient, alors qu’eux avaient appris à vouvoyer leurs aînés.
    Question: quand est-ce que les choses ont changé (dans les 30 dernières années, mettons), et pour quelle raison?

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  8. Hmmm, I maybe shouldn’t enter the debate then as my understanding of the tu-vous, tu-vosaltres-vostes thing is FUZZY….having said that, here in Catalonia, almost no one uses the voste thing, even with seniors. One of my neighbours, who is well over 80, when I finally spoke well enough to use the voste form with her, I apologised for using the tu form before, she told me we didn’t need to use it as we were neighbours.

    That is from Catalans, who are also sensitive to hierarchy and are not, as a culture, very worried about polite forms of language. I’ll have to wait a bit and find out what the Spanish do….I’ll ask some folks I know here….

    More later.

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